Le premier empire
Bonaparte soutient que les royalistes, en voulant l'éliminer, visent à restaurer le roi. Il a fait savoir au comte de Provence, prétendant au trône, qu'une restauration ne se ferait qu'au prix du sang. Obtenir la couronne, c'est, selon Bonaparte, réaffirmer aux royalistes et aux rois de l'Europe que la République vivra à jamais. Le Sénat, sollicité, offre la dignité impériale au Premier consul ; celui-ci obtient du pape Pie VII d'être sacré à Paris, le 2 décembre 1804. Il fonde ainsi le Premier Empire français et devient Napoléon Ier. Par ce sacre, Napoléon accomplit la « seconde mort » de la monarchie des Bourbons. Volonté divine, volonté populaire : l'Empire est plébiscité par les Français. Napoléon se veut le « roi du peuple », non celui d'une aristocratie.
Le cheminement vers l'Empire sera très rapide. Le sénatus-consulte du 4 août 1802 établit le Premier consul à vie et donne à lui seul le pouvoir de nommer les membres du Sénat, tandis que les deux autres assemblées sont soumises au droit sénatorial de dissolution. C'est le sénatus-consulte du 18 mai 1804 qui, après plébiscite, établit l'Empire. Le Tribunat est supprimé par le sénatus-consulte du 18 août 1807 tandis que le Corps législatif, convoqué à la discrétion de l'Empereur, sombre dans le néant. L'édifice impérial est un géant aux pieds d'argile. En 1810, Napoléon est maître de l'Europe, mais son pouvoir est miné : à l'intérieur par la crise économique, sociale et religieuse ; à l'extérieur par l'éveil des nations, dont les rois de l'Europe se servent bientôt pour l'abattre. Parallèlement, l'économie française souffre du blocus continental imposé par l'Empereur. Le soulèvement de la Prusse et de l'Autriche débouche sur la défaite de la « bataille des Nations » à Leipzig (16-19 octobre 1813) et l'invasion de la France. Paris tombe aux mains de la coalition en mars 1814. Napoléon abdique le 6 avril et est exilé sur l'île d'Elbe.
La restauration monarchique
La charte du 18 juin 1814
Louis XVIII est le frère de Louis XVI et le petit-fils de Louis XV. Son retour est orchestré par Talleyrand et Fouché. Dans la continuité de la déclaration de Saint-Ouen, dans laquelle il promet de ne pas attenter aux libertés essentielles, Louis XVIII édicte la Charte du 4 juin 1814 mais, passant sous silence la Révolution et l'Empire, il laisse entendre que les acquis vont être balayés et qu'un retour à l'Ancien Régime est à craindre. Le pouvoir législatif appartenait à un Parlement de deux Chambres, égales en droit. La Chambre des pairs était composée de membres héréditaires nommés en nombre illimité par le roi. La Chambre des députés des départements était élue, mais le roi pouvait la dissoudre. Leur concours était donc indispensable à la conduite des affaires publiques. De ce fait, les ministres nommés par le roi devaient avoir la confiance du Parlement et celle du monarque, lequel avait seul l'initiative et la sanction des lois. La bourgeoisie et l’aristocratie ex-impériale prennent peur.
La parenthèse bonapartiste
Exilé dans l'île d'Elbe, Napoléon souffre de l'inaction et, sentant le vent favorable, débarque à Golfe-Juan le 26 février 1815. Les troupes envoyées par Louis XVIII pour le contenir se rallient à lui. Le 19 mars, il arrivait à Fontainebleau, tandis que Louis XVIII quittait Paris pour s'exiler à Gand. Le 20 mars, Napoléon faisait aux Tuileries une entrée triomphale. Une nouvelle constitution fut préparée par un vieux libéral, jadis opposant
sous le Consulat, Benjamin Constant. Sous le nom d' « Acte additionnel aux Constitutions de l'Empire », ce texte établissait un régime parlementaire très semblable aux dispositions prévues par la Charte de Louis XVIII : une Chambre des représentants, élue au suffrage indirect, et une Chambre des pairs, dont les membres étaient héréditaires, devaient exercer le pouvoir législatif. Les libertés publiques et les principes révolutionnaires étaient garantis. Napoléon aurait souhaité la paix extérieure. Il lui fallut faire la guerre. Il la fit mal, accumulant à Waterloo les erreurs tactiques. Au soir du 18 juin 1815 la défaite était accomplie. le 22 juin 1815, il signa sa seconde abdication et, le 29 juin, il quitta Paris. Louis XVIII rentra dans la capitale le 8 juillet.
La seconde restauration
Après l'abdication de l'Empereur, la France paye le prix des Cent-Jours et voit son territoire diminué et ses frontières affaiblies par le second traité de Paris. Après la Terreur blanche, Louis XVIII instaure un régime qui lui accorde le pouvoir exécutif et une partie du législatif. Sur le modèle anglais, il gouverne avec une chambre des pairs et une assemblée mais choisit et révoque lui même ses ministres. Le régime se heurte vite à des oppositions. Les ultras, « plus royalistes que le roi », reprochent au souverain de ne pas avoir restauré l'Ancien Régime. A gauche, on estime que le nouveau pouvoir est imposé par l'ennemi de la France dans les fourgons duquel Louis XVIII était revenu. Le 14 février 1820, le duc de Berry, successeur présumé de Louis XVIII est assassiné. Le crime, attribué aux libéraux, entraîne une radicalisation du régime. Decazes est renvoyé et remplacé par le duc de Richelieu qui restreint l'électorat en augmentant le cens et instaure le double-vote pour les plus riches. Les élections voient le retour des ultras qui, en la personne de Villèle, dirigent le gouvernement à partir de 1821. Louis XVIII meurt en 1824. Son frère Charles X lui succède et, avec lui, la monarchie restaurée confirme sa volonté de renouer avec les valeurs de l'Ancien Régime.
Devenu roi à la suite de son frère, Charles X est le dernier souverain français sacré à Reims. Dès le début de son règne, il s'applique à restaurer un régime autoritaire placé sous son seul commandement et légitimé par la puissance de l'Eglise. Son attachement forcené à l'Ancien Régime lui fait commettre un grand nombre d'erreurs qui le rendent impopulaire. Il s'entoure de conseillers réactionnaires, comme le comte de Villèle qui fait voter une loi visant à indemniser les émigrés, et s'attaque à la liberté de la presse. En 1829, la Chambre refuse sa confiance au cabinet Polignac, nommé par Charles X pour lutter contre l'opposition. Un mouvement apparaît alors, regroupant autour de Thiers et Talleyrand des royalistes modérés partisans d'une alliance avec la bourgeoisie d'affaires. Les ordonnances du 25 juillet 1830 organisent la dissolution de la Chambre et modifient la Charte pour rétablir le suffrage censitaire. La suppression de la liberté de la presse ainsi que le rétablissement de l'autorisation préalable déclenchent une réaction très vive. La révolution de juillet 1830 oblige Charles X à abdiquer et à s'exiler. Elle entraîne l'instauration de la monarchie de Juillet.
La charte du 14 août 1830
La monarchie de Juillet est le nom donné au régime qui gouverne la France de 1830 à 1848, sous Louis-Philippe. Il est porté au pouvoir par les journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 (« les Trois Glorieuses ») qui mettent fin au règne de Charles X. Le duc d'Orléans, devenu roi des Français le 9 août, sous le nom de Louis-Philippe Ier, accepta la Charte révisée, le drapeau tricolore, la reconstitution de la garde nationale, l'abolition de l'hérédité de la pairie, l'abaissement du cens électoral et l'établissement d'un régime de type parlementaire. En 1846, le peuple rend le gouvernement responsable par son immobilisme de la crise agricole et financière qui met au chômage des travailleurs dont les conditions de vie sont déjà très dures. Il lui reproche aussi le refus de réforme qui pourrait élargir le corps électoral. L'opposition organise alors des banquets ce qui lui permet de contourner l'interdiction qui frappe les associations. Le 22 février 1848, Louis -Philippe tente de s'opposer à la tenue d'un banquet et déclenche une émeute. Le 23, une escarmouche avec les forces de l'ordre cause la mort d’insurgés. L'agitation gagne Paris, Louis-Philippe abdique. Le 25, la IIe République est proclamée.