Les causes de non-responsabilité pénale
Les causes objectives de non-responsabilté
Lordre de la loi et le commandement de lautorité légitime
Larticle 122-4 alinéa 1 du code pénal énonce que « nest pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte prescrit ou autorisé par des dispositions législatives ou réglementaires ». En conclusion, lordre de la loi suffit à lui seul dans les cas où la loi donne directement un ordre direct ou une permission qui lui est assimilée sans passer un supérieur hiérarchique à la différence du commandement de lautorité légitime. Lalinéa 2 de cet article énonce que « nest pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte commandé par lautorité légitime, sauf si cet acte est manifestement illégal ». Les dispositions permissives peuvent être de nature pénale (linfraction darrestation illégale est alors justifiée) ou de nature extra-pénale.
La légitime défense
La légitime défense est admise pour faire cesser une agression contre une personne ou une atteinte aux biens (article 122-5 ). La légitime défense des personnes est admise, que lagression porte sur la personne de lauteur de la défense ou sur celle dautrui. La défense nest légitime que si latteinte est injuste. Par ailleurs, lattaque doit créer un danger sinon certain du moins fortement probable mais non simplement éventuel
Les conditions de la légitime défense sont appréciées beaucoup plus rigoureusement sagissant de la défense dun bien que sagissant de la défense dune personne. La riposte à lagression doit être concomitante à latteinte. Lacte de défense doit être nécessaire à la sauvegarde de lintérêt menacé. Enfin, la réponse à linfraction doit être proportionnée. Sagissant de la défense des biens, quelle que soit la gravité de latteinte à la propriété, la réaction ne saurait jamais consister en un homicide volontaire.
Comme tout fait justificatif, cest en principe à la personne poursuivie de prouver quelle a agi en état de légitime défense. Toutefois, larticle 122-6 du code pénal prévoit deux exceptions à cette règle puisqu « est présumé avoir agi en état de légitime défense celui qui accomplit lacte 1° pour repousser, de nuit, lentrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité 2° pour se défendre contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence
Létat de nécessité
Il sagit de la situation dans laquelle se trouve une personne qui, pour sauvegarder un intérêt supérieur menacé par un danger actuel ou imminent, est amenée à commettre une infraction. Lessentiel est que le péril soit actuel ou au moins imminent. Ladmission de létat de nécessité est subordonnée à la preuve que la réponse était proportionnée à la gravité de la menace. Létat de nécessité ne supprime que la responsabilité pénale.
Le consentement de la victime
Le consentement de la victime empêche la constitution de linfraction sur la base de lautorisation de la loi qui prévoit une exception à lincrimination. Laccord de la victime joue un rôle exonératoire, non en vertu dun quelconque principe général, mais en vertu de la permission de la loi. Cest le cas dans les sports de combat ou pour les actes médicaux et chirurgicaux.
Ce consentement doit parfois être donné sous une forme particulière pour être recevable. Surtout, labsence de consentement de la victime est parfois un élément constitutifs de linfraction lorsquelle porte sur un bien ou un droit dont la victime a la libre disposition. Toutefois, ce consentement na de valeur que sil réunit certaines conditions: il doit tout dabord être antérieur ou concomitant à lacte, le consentement doit être libre et éclairé.
Les causes subjectives de non responsabilité
Le trouble psychique ou neuropsychique
Sont visées par larticle 122-1 du code pénal toutes les formes de troubles mentaux ayant une conséquence destructrice sur les facultés intellectuelles des personnes qui en sont affectées, ces troubles les empêchant généralement de comprendre la portée de leurs actes, voire de les vouloir dans le cas de pulsions irrépressibles. Dès lors que le trouble a eu un effet destructeur sur la conscience ou sur la volonté, la responsabilité pénale est écartée ou amenuisée. En dautres termes, la démence ne supprime pas linfraction et ne bénéficie quà la personne atteinte du trouble mental. Le trouble mental doit existé au moment des faits.
La contrainte
La contrainte abolit la volonté. Contraint, lauteur de linfraction na pas pu adopter un comportement différent de celui quil a adopté. Le libre arbitre de lauteur de linfraction doit avoir été totalement supprimé par un événement extérieur. Lagent doit avoir été dans limpossibilité absolue de résister à cette force. La contrainte est exclusive de toute faute de lauteur de linfraction.
La contrainte physique suppose la présence de forces, externes ou internes à la personne de lauteur de linfraction, qui agissent sur ses mouvements et quil lui est impossible de maîtriser. Cette force peut être extérieure à la personne de lauteur de linfraction. Elle peut dabord résulter des forces de la nature comme une tempête. La contrainte physique externe peut également résulter du fait dun tiers. La contrainte physique peut également résulter dune cause interne, tenant à la personne de lauteur de linfraction.
Alors que la contrainte physique sexerce sur le corps de lagent, la contrainte morale agit sur la volonté et supprime ses facultés de libre et complète détermination. La contrainte morale externe est constituée par une pression extérieure sur la volonté de lagent, le déterminant à commettre une infraction quil ne souhaite pas voir se réaliser. Cette menace doit être illégitime. Par contre, la contrainte morale interne nest jamais une cause dirresponsabilité.
Lerreur
Si lerreur de fait est reconnue partiellement, lerreur de droit nest admise que si elle est invincible. Selon une règle générale non écrite du droit français, « nul nest censé ignorer la loi ». Lerreur de droit nest admise que si elle est invincible autrement dit si elle ne pouvait être évitée par lauteur de linfraction. Cest à la personne poursuivie dinvoquer lerreur de droit.
Commet une erreur de fait celui qui ignore un aspect essentiel du cas despèce ou se méprend sur son compte. Si son erreur est excusable, elle couvre linfraction subjective qui lui est reprochée. Si son erreur est invincible, elle couvre même les infractions de police. Le législateur français a sagement laissé ce point à lappréciation souveraine des juges.