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la crise de l'ancien régime partie 1

Rappel préalable
 
L'absolutisme est un type de régime politique où « le détenteur d'une puissance attachée à sa personne, concentrant en ses mains tous les pouvoirs, gouverne sans aucun contrôle ». Mais le mot « absolutisme » a été inventé après le système de pouvoir qu'il est censé définir. C'est en effet, en 1797, que Chateaubriand l'utilise, pour la première fois. Il demeure que si le mot « absolutisme » n’existe pas, d’autres termes, proches, rendent mieux compte de la nature du pouvoir politique dans la France dite d’ « Ancien Régime », entre Renaissance et Révolution.   
 
En France, une monarchie absolue fut recherchée par le pouvoir royal. Cette recherche impliquait la suppression ou la limitation des autres formes de pouvoir ; celui de l'Église romaine, celui du clergé et de la noblesse ainsi que celui du parlement. Louis XIV a réussi à mettre en place cette forme d'absolutisme, en développant la conception de monarchie absolue de droit divin et en l'imposant à ses sujets, en lieu et place des pouvoirs susdits. Le terme est appliqué dans son sens restrictif à la monarchie française (depuis le XVIIe siècle jusqu'à la chute de l'Ancien Régime) et aux despotismes éclairés du XVIIIe siècle.
 
Au XVIe siècle, Jean Bodin est un des premiers théoriciens de l'absolutisme. Dans les Six livres de la République (1576), il construit une théorie de la « république », dans le sens romain de la « chose publique », c'est-à-dire de l'Etat. Pour lui, la république est la communauté humaine où apparaît la souveraineté. La souveraineté implique nécessairement le pouvoir de faire la loi, tous les autres pouvoirs découlant de celui-ci.
La monarchie de droit divin est la meilleure incarnation de la souveraineté. Jean Bodin distingue l'absolutisme de la tyrannie. Il critique ceux qui veulent faire de l'Etat la propriété du monarque. Il voit deux limites à la monarchie absolue : à l'intérieur, le respect des lois fondamentales ; à l'extérieur, le respect des traités conclus et le droit commun à l'ensemble des hommes.
 
Le système de Bossuet repose sur la théorie du « droit divin». Il ne s'agit pas de l'affirmation d'un privilège que les rois posséderaient seuls entre les gouvernants, mais au contraire du principe, hérité de saint Paul, que toute puissance vient de Dieu : c'est la Providence qui permet en fait l'institution de toute autorité, même mauvaise, et la révolte est toujours une impiété. Certes, cette doctrine assure aux mauvais gouvernants
une apparence d'impunité ; mais ils auraient tort de s'y fier : Dieu saura les punir. Ces quelques indications montrent bien que ce qui caractérise la pensée de Bossuet, c'est sa nature théologique. Pratiquement, il ne pose aucune borne à l'absolutisme ; mais, dans la perspective qui est la sienne, il lui en assigne une incomparable : la religion. Encore faut-il que le souverain soit pénétré de cette idée. C'est pourquoi le précepteur du Dauphin n'a pas cessé de prêcher, plus encore que les devoirs des sujets, les devoirs des rois, fondés sur « les propres paroles de l'Écriture sainte ». Le fondement religieux ôté, il ne resterait qu'un despotisme radical.

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