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Ce blog met à la disposition de tous des cours de droit dispensés en capacité.

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III)La fin des régimes autoritaires

   A)Le refus des entités étatiques antérieures

Les empires se défont, les Etats se déchirent. Dans bien des cas l'unité étatique était artificielle, imposée par la force, cimentée par le parti unique, elle ne résiste pas l'effondrement du pouvoir central autoritaire. Les peuples se réveillent et choisissent de reprendre leur liberté. L'ex-URSS éclate en tentant de maintenir des liens bien fragiles à travers la Communauté des Etats Indépendants (CEI) ; la Yougoslavie se dissocie et sombre dans la guerre civile ; tchèques et slovaques se séparent. Partout les nationalismes, si longtemps contenus, s'affirment : tchétchène, moldave, ossète, arménien, azéri, kosovar, kurdes ... : chacun partout lutte pour déplacer à son avantage les frontières. Ce contexte ne se prête guère à l'édification d'institutions démocratiques, l'affirmation nationale est la priorité. En Afrique, où bien souvent la nation n'existe pas, les affrontements entre les ethnies éclatent au grand jour et peuvent prendre un tour dramatique (Rwanda). Les partis qui se créent ont eux-mêmes une base ethnique que le pouvoir pourra s"efforcer de faire disparaître en imposant le parti unique. On pensait le nationalisme rangé au nombre des idéologies dépassées par l'histoire. L'actualité montre sa vitalité persistante et ses méfaits renouvellés.

   B)La faiblesse de l’enracinement démocratique

Si l'attrait pour le modèle démocratique occidental est sans concurrent, cette aspiration dispose de peu de points d'appuis concrets pour s'inscrire dans la réalité. Le peuple n'a guère de traditions, d'éducation et de réflexes démocratiques. Les mentalités sont marquées par des décades de régime autoritaire engendrant la passivité, la subordination du juridique au politique, la soumission au pouvoir, le conformisme, l'absence d'autonomie et d'initiatives individuelles. Les peuples sont comme des individus qui retrouvent la liberté après de longues années de prison, aussi démunis qu'eux devant un univers qu'ils ne connaissent pas. Les élites, c'est-à-dire les individus formés, soffrent du handicap d'avoir collaboré avec le régime précédent et bénéficié de ses faveurs, d'avoir milité au sein du parti, d'avoir rendu des services à la police, participé à la répression contre les opposants, d'avoir fait barrage à toute évolution. Rares sont en définitive ceux qui sont à la fois compétents et vierges de toute compromission. Dans ces conditions les hommes incontestables sont si peu nombreux qu'il faut bien utiliser ceux qui ont eu la sagesse ou l'habilité de quitter le navire avant le naufrage. Dans la désorganisation qui suit la chute du régime autoritaire aucune force politique n'a vocation à recueillir le pouvoir. Ce vide offre une chance à d'anciens apparatchiks pour se présenter en hommes nouveaux sous les couleurs d'un parté créé pour la circonstance. Si personne ne s'impose ou n'a la notoriété et la compétence nécessaires, on assiste à une floraison de partis politiques décidés à tenter leus chances lors des élections, quitte à ce que leur nombre déroute les électeurs.

   C)Désillusions et découragement

La population attendait beaucoup, trop, du changement de régime. Surtout elles espérait moins la liberté sous toutes ses formes qu'une transformation de ses conditions matérielles d'existence, la fin des pénuries, un rapprochement rapide de son niveau de vie de celui des sociétés démocratiques, connu par la télévision. Bien souvent elle constate plutôt une aggravation des difficultés quotodiennes. Comment s'étonner que, dans ces conditions, les citoyens déchantent, d'autant qu'ils ont en outre le sentiment d'avoir peu de prise sur les décisions du pouvoir ? Cette atonie peut favoriser l'affirmation de mouvements extrémistes peu portés à instituer un régime démocratique. Il reste que les cours constitutionnelles dont se sont dotées les nouvelles républiques, jouent un rôle pédagogique déterminant dans l'acclimatation des règles de la séparation des pouvoirs, de la protection des libertés, de l'Etat de droit et de la démocratie. Elles peuvent freiner aussi les tentations autoritaires de nombre d'exécutifs où les chefs d'Etat tentent d'élargir leurs pouvoirs. L'issue de l'évolution en cours est donc incertaine. Certains pays peuvent retomber dans une expérience autoritaire alors que d'autres connaîtront une phase plus ou moins longue d'anarchie. Dans tous les cas il faudra du temps pour que s'installe une démocratie paisible et stable.

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