• Enrichissement et transmission de l'héritage antique partie 2.4

       2)La renaissance des droits savants

    La renaissance des droits savants a constitué un évènement capital dans l’histoire juridique, et c’est à elle que l’on d’avoir aujourd’hui des droits d’inspiration romaniste. La découverte des compilations de Justinien a non seulement permis de ranimer un droit romain presque moribond, mais aussi, en inversant la tendance établie depuis les derniers siècles de l’Empire romain, de renouer avec une conception doctrinale et théorique du droit, de recréer une véritable science juridique.

          a)Découverte des compilations de Justinien

    Les circonstances dans lesquelles ont été retrouvées les compilations de Justinien restent obscures. Postérieurs à l’établissement en Gaule des royaumes barbares et à la composition des recueils de lois romaines des burgondes et des wisigoths, elles n’étaient pourtant pas inconnues en Occident. La découverte des compilations de Justinien doit donc s’entendre moins au sens matériel qu’au sens intellectuel.

    A la renaissance du droit romain est liée celle de la doctrine. Dès la fin du XIe siècle a commencé à se constituer un premier grand courant doctrinal, celui des glossateurs, dont le précurseur fut le bolonais Irnerius. L’influence des glossateurs s’est prolongée dans la première moitié du XIIIe siècle, où l’on rencontre leurs plus illustres représentants : Azon, Pillius, Odofredus et Accurse.

    Peu à peu, à mesure que le sens des textes s’éclaircissait, leur méthode a évolué : elle a commencé à s’attacher moins à la lettre et davantage à l’esprit, et cherché, au-delà de leur signification littérale, à en comprendre les fragments en les mettant en relation les uns avec les autres, à en tirer des règles générales exprimées sous forme de brocards. Les gloses, plus étoffées, se sont muées en petits commentaires et ont proposé des interprétations plus libres.

    Leur méthode devait pourtant être dépassée. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, de nouveaux procédés d’analyse inspirés de la dialectique d’Aristote furent expérimentés à Orléans, où enseignaient de grands juristes : Jacques de Révigny, Pierre de Belleperche. Les post-glossateurs orléanais ont été les premiers à abandonner la glose au profit de commentaires plus développés et moins littéraux.

    Les enseignements de la doctrine orléanaise ont été repris et développées au XIVe siècle par les jurisconsultes italiens : d’abord Cynus de Pistoie qui, avec son disciple Balde, exerça une très forte influence et passe pour le fondateur d’un courant doctrinal nouveau, celui des bartolistes ou commentateurs, qui devait dominer la science juridique européenne jusqu’au milieu du XVIe siècle. Les bartolistes ont considérablement accru le rôle de la doctrine au détriment de l’attachement aux textes de lois.


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