• Enrichissement et transmission de l'héritage antique partie 1.4

       2)La féodalité

    A la royauté franque a succédé la féodalité, forme d’organisation politique et sociale qui s’est répandue à la fin du IXe et le XIIIe siècle. Cependant le terme féodalité, de même que l’adjectif féodal, n’est apparu que bien plus tard, au XVIIIe siècle, et à bien des égards la féodalité n’est qu’une construction rétrospective, qui donne une vue souvent trop systématique des réalités du temps.

    Ces réalités se résument d’abord à un phénomène d’affaiblissement et même de décomposition du pouvoir central, qui a conduit à la naissance d’un ordre différent, décentralisé à l’extrême, fondé sur des relations directes et personnelles entre titulaires de fiefs et de seigneuries. Mais dans ce cadre a priori défavorable ont survécu des éléments du droit public, à commencer par la royauté elle-même, qui s’est maintenue et qui, à la fin de la période, a commencé à restaurer son autorité.

          a)Décomposition du pouvoir central

    La décomposition du pouvoir central a créé les conditions favorables à l’apparition du régime féodal. Elle est due à des causes inhérentes à l’Empire carolingien, trop vaste pour être administré et contrôlé efficacement, et miné par les querelles liées à la succession de Louis le Pieux. Egalement aux incursions scandinaves qui, au cours du IXe siècle, ont semé le trouble et désorganisé profondément la Francie occidentale avant d’aboutir à la formation de la Normandie en 911.

    Ces évènements ont contribué à altérer la puissance et le prestige des carolingiens, incapable de faire face aux incursions normandes et éclipsés par des chefs militaires plus efficaces et plus proches des populations. Aussi en 888, lorsque que le roi carolingien Louis le Bègue mourut sans descendance, c’est le fils de Robert le Fort, Eudes, et non un membre de la famille carolingienne, qui fut élu par les grands. Au Xe siècle, carolingiens et robertiens alternèrent sur le trône.

    La première étape de la décomposition du pouvoir central est intervenue entre 888 et 890, avec la formation de vastes principautés territoriales constituées sur la base d’anciens royaumes ou provinces où existaient de forts particularismes culturels et ethniques, de marquisats et de duchés. La seconde étape, au milieu du Xe siècle, a vu certaines de ces principautés se morceler au profit des comtes qui en dépendaient.

    Enfin, ultime étape aux alentours de l’an mil, les comtés se sont à leur tour fragmentés en châtellenies aux dimensions réduites, l’autorité est tombée aux mains de seigneurs châtelains dont la puissance reposait sur la possession d’un grand domaine foncier ou d’un château fort. Dans la plus grande partie du royaume, en un siècle et demi, la puissance publique est passée du roi à une multitude de petits seigneurs qui l’exerçaient en leur nom et en toute indépendance. 


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :